Julia frissonna. Elle sentit, avant même de se retourner, que cette main était celle d’un ami. Une main puissante mais douce, large mais protectrice. Elle se retourna.
Sous la pluie battante, les éclairs d’argent trouaient les masses sombres de la nuit, et la douceur bleue du regard traversa son âme.
Je m’appelle Thoby, disait-il. Enfin, mon vrai nom est Thibault, mais je préfère Thoby. Alors, tout le monde m’appelle Thoby.
Julia, dit Julia.
Si j’avais un parapluie, continuait Thoby, je t’abriterai. Mais je n’en ai pas. J’aime la pluie. J’aime me promener, tête nue, en chantant à tu tête, la nuit, quand l’eau descend du ciel. Ces derniers temps, je n’ai pas eu souvent cette joie, avec cette canicule... Je t’ai vu, de loin, comme une lumière qui me guidait, qui m’appelait, comme si tu avais voulu me dire quelque chose, que j’entendais sans entendre. C’est mon cœur, je crois, que tu as touché.
Ou ton âme, poursuivait Julia. Ce feu me brûlait. Je suis sortie pour l’éteindre, et revivre. J’allais rentrer chez moi, ragaillardie, sauvée, ivre de pluie. Mais j’ai un peu froid, maintenant.
Thoby l’enlaça de ses bras. Julia le laissa faire, c’était la première fois que son rosier ne lui faisait pas craindre une étreinte, si chaste soit elle. Elle laissa tomber sa tête mouillée sur l’épaule du jeune homme.
Ils marchèrent longtemps. La pluie s’était tue, pour écouter leurs pas murmurer sur l’asphalte humide. Ils ne se parlaient pas, laissant leur respiration se répondre dans la douceur du matin à naître. La fin de nuit avait séché leurs vêtements et leur chevelure. Les premiers regards de l’aube les surprirent le long du fleuve, alors qu’ils s’étaient endormis, l’un contre l’autre, éreintés, heureux.


Si j'ai bien suivi, elle est toujours en chemise de nuit trop courte et en lambeaux? Va y avoir une bonne surprise au réveil, avec les passants :P
Sinon, lui, je parie qu'il a une plante en lui aussi... alors quelle plante ça pourrait être... un chêne? un peuplier? un bambou?
Rédigé par : Coq | mercredi 29 oct 2008 à 12:07
Fait-on vraiment attention à l'allure des autres, dans les villes? Je ne suis pas certain que les passants remarquent quelque chose, concentrés sur leur quotidien ...
Pas mal, cette idée de l'arbre ... celà me fait penser à Hancock ... quand le super héros retrouve sa super héroïne dans la femme de son ami!
Rédigé par : Une page par jour | mercredi 29 oct 2008 à 12:44
Ah si, quand j'habitais à Paris je faisais attention à ce genre de détails... enfin peut-être qu'il n'y a que moi pour tout observer comme ça, mais ça m'étonnerait...
J'ai pas encore vu Hancock, mon cousin me l'a filé hier faut que je regarde, ça avait l'air marrant...
Rédigé par : Coq | mercredi 29 oct 2008 à 15:15
Oui, moi aussi, j'aurais remarqué ...
En fait, mes personnages m'ont un peu embarqué. J'avais bien imaginé la rencontre de Julia et de Thoby, mais je n'avais pas pensé qu'ils resteraient ainsi, aussi longtemps ensemble, dès la première nuit ... ils m'ont échappé, au milieu de ce déluge, et je ne les ai plus retrouvé, avant ce petit matin au bord de la Seine. Que puis-je faire maintenant? Attendre la suite ...
Rédigé par : Une page par jour | mercredi 29 oct 2008 à 17:59
qui ne rêve pas de ce genre de rencontres, si évidentes ?
qui ne rêve pas de l'ami que l'on reconnaît instantanément?
non, non, pas "fleur bleue" ni "prince charmant" ... je crois que cela existe vraiment, je l'ai vécu une fois, mais j'étais petite, ce qui me fait dire qu'en restant dans la bienveillante générosité et curiosité de l'enfance, alors on peut reconnaître ses amis
ce passage ouvre un vaste sujet de réflexion, tu vois :)
Rédigé par : mariev | mardi 04 nov 2008 à 11:27
oui, ne rien dire mais se comprendre
Rédigé par : Une page par jour | jeudi 06 nov 2008 à 12:05