Alors, si tu es d’accord, nous donnerons à notre enfant, quel qu’il soit, une fenêtre grande ouverte sur la nature, au pied du Vercors, par exemple, là où les nuages violets du soir caressent les montagnes crayeuses, baignée de forêts pleines de mystères. Nous retaperons une vieille ferme aux murs épais. Les pierres nous protègeront des agressions de l’hiver et des torpeurs de l’été. Des prés lourds d’herbes bien grasses, des chemins terreux à l’assaut des premières collines, des fleurs en liberté bercées du vol des papillons, des ânes aux yeux doux, quelques chèvres de montagnes sautant de rocher en rocher, au pied sûr et au regard fier, des familles de marmottes postées sur les contreforts, le visage dans le vent, autant de trésors sur lesquels notre enfant plongera ses regards neufs. Nous cultiverons quelques carrés de vigne, des pommiers surgiront de nos terres, des fraisiers grimpant orneront les murs de notre maison, des fruits lourds, des légumes riches de couleur. Notre demeure s’étendra un peu à l’écart du village, mais le chant clair des cloches bercera nos nuits douces. Au matin, tenant nos bols fumant du lait de nos chèvres, nous laisserons flâner nos regards sur les cimes. Un pèlerin, parfois, viendra troubler l’azur de son vol vif, et notre enfant, les mains au ciel, debout et libre devant l’immensité des montagnes, mimera sa course, longtemps, heureux de sourire à la vie."
FIN DE L'HISTOIRE


c'est déjà beaucoup plus serein que ses deux interventions précédentes, et comme disait finement Coq ... oui, il a entamé une métamorphose, lui aussi
ça fait un peu bizarre que tu ne nous aies pas répondu, d'ailleurs ... c'est qu'on s'habitue!
j'espère pour ma part ne pas avoir été maladroite
belle journée à toi
;)
Rédigé par : mariev | lundi 19 jan 2009 à 09:48
j'ai lu vos commentaires (et je reviendrai dessus un peu plus tard, car, comme tu l'as écrit, tout ceci est très interessant), mais je suis resté muet volontairement, pour ne pas interférer dans votre lecture.
Rédigé par : Une page par jour | lundi 19 jan 2009 à 10:31
je m'en doutais un peu ... merci de répondre, ça me rassure quand même ;)
Rédigé par : mariev | lundi 19 jan 2009 à 11:03
Ah ah j'avais raison! Il a changé!
J'avoue que j'ai été un peu égarée au paragraphe précédent, mais comme le disait Mariev, c'est parce qu'on n'avait pas la suite...
Le fait d'avoir par épisodes est une bonne expérience, en tant que lecteur, mais aussi en tant qu'auteur, en voyant les retours au fur et à mesure, comme si l'auteur se tenait à côté du lecteur pendant qu'il lit, et qu'il guettait chaque réaction à chaque instant...
Rédigé par : Coq | lundi 19 jan 2009 à 11:51
Oui, cette expérience est vraiment enrichissante, et je ne sais comment vous remercier l'une et l'autre pour vos commentaires quotidiens, que ce soit pour le Rosier de Julia ou Armance Desnoizel. Vraiment, avoir en quasi temps réel vos réactions permet d'ajuster l'histoire, ou de la ressentir un peu différemment.
La difficulté que j'ai eu ici, c'est que j'ai construit l'histoire avec un déclencheur : la petite curiosité génétique sans gravité, et complètement anodine, qui empêche Pascal d'accéder au poste convoité, cette mésaventure modifiant complètement sa propre perception de la "normalité supposé de son enfant à naître.
Ce qui était difficile, c'est d'associer une réflexion ardue (que faire si on apprend que notre enfant ne sera pas comme on pouvait l'attendre) avec cette histoire d'orteil en trop, qui peut faire sourire. Mais, après réflexion, j'ai conservé l'idée de départ, car il me semblait que la métaphore peut contribuer à cette réflexion, c'est à dire : qu'est-ce que la normalité? et il me semble que mariev avait écrit un commentaire en ce sens, beaucoup plus large que la seule différence génétique.
Bien sûr, samedi et surtout dimanche, quand j'ai lu vos interrogations, vos questions, j'avais envie de mettre en ligne la suite tout de suite. C'est d'ailleurs ce que j'avais hésité à faire la semaine dernière, publié les trois dernières pages d'un seul coup. Peut-être que cela aurait été plus judicieux, en fait, car il s'agissait ici d'un virage complet de l'histoire, dont l'explication venait à la fin.
Bon, maintenant, il va falloir que vous la relisiez à t^te reposée, et que vous me dîtes ce que vous en pensez de cette histoire. En tout cas, elle a généré de votre part un grand nombre de commentaires, dont certains, et cela m'a un peu perturbé quand même, qui touchaient à votre vécu personnel, ce que je ne savais pas au départ. Mais c'est là aussi où cette expérence est extraordinaire, c'est que l'auteur cotoie instantanément ce qu'il touche chez son lecteur, et c'est vraiment grand!
Merci!
Rédigé par : Une page par jour | lundi 19 jan 2009 à 12:45
difficile de savoir si publier les trois pages en même temps eût été plus judicieux ... déjà, cela n'aurait pas généré tous ces commentaires perplexes au fur et à mesure, et ce n'est pas donné à beaucoup d'auteurs de savoir qu'en cours de route, tel lecteur commence à s'agacer ou s'interroger ou quoi ...
ah oui, tu ne pouvais pas savoir que tu allais tant toucher à notre vie ... sans faire d'ésotérisme ou de psychanalyse de bas étage, je suis interpellée par le fait que nous sommes tes plus fidèles lectrices, avons toutes deux une soeur handicapée mentale, et paf ! tu te mets à écrire sur le sujet, sans rien savoir ...
oui, je relirai d'une traite ultérieurement, mais j'ai téléchargé Habélard et Lola, là, lalala
à bientôt ;)
Rédigé par : mariev | lundi 19 jan 2009 à 15:38
Ben, tu m'as devancé en téléchargeant Habélard et Lola, car je pensais en parler demain. As-tu bien les trois parties? Car j'ai rajouté ce midi les parties 2 et 3 qui manquaient dans la page des histoires complètes.
Pour le reste, oui, moi aussi, ça m'a interpellé assez fortement ...
Rédigé par : Une page par jour | lundi 19 jan 2009 à 16:06
j'ai les trois parties ... enfin je crois, l'une est au format pdf, les deux autres en word, bon ...
bise
;)
Rédigé par : mariev | lundi 19 jan 2009 à 17:59
Oui je me dis de plus en plus que dans la vie y'a pas de hasard... Du coup je me demandais d'où t'était venue cette envie de parler de ce sujet, qu'est-ce qui a "lancé" cette idée...
Je relirai aussi tout d'une traite, mais demain, quand je l'aurai laissé reposer toute une nuit :-)
Rédigé par : Coq | lundi 19 jan 2009 à 22:53
C'est très bizarre, car autant je pourrais décrire la genèse de mes autres histoires, qu'il s'agisse d'Au bord de l'Oise, du Rosier de Julia, de Habélard et Lola (tu en étais d'ailleurs l'instigatrice, de celle là) ou de Kira B. Wassa, en revanche, je n'arrive pas à me souvenir du début de l'idée d'Armance Desnoizel. Je me souviens qu'elle s'est imposée à moi, alors que j'écrivais le Rosier de Julia, comme si on me disait "Voilà le pitch, maintenant, tu te débrouilles pour écrire une histoire la dessus". Je me rappelle que la citation de John Lennon m'avait confirmé que c'était une bonne idée, pour l'histoire des "6 orteils", j'ai connu un cas un peu similaire, avec le patriarche d'une boîte qu'il avait créé lui-même et qui détestait les barbus. Consultant dans cette entreprise, je me souviens d'une salle de réunion dans laquelle il était brusquement entré, en contant les barbus, et s'exclamant, "3 barbus! c'est incroyable!". Ce fut un peu mon modèle pour le président. Pour le reste, je ne sais pas.
Je me suis pas mal documenté sur le sujet, lu des trucs assez dingues et plus je me documentais, et plus j'avais envie d'écrire cette histoire.
Rédigé par : Une page par jour | mardi 20 jan 2009 à 09:58