
Virginia Woolf: Orlando
Virginia se fait biographe d'Orlando. Un gentilhomme du 16èeme siècle, qui vit ... très longtemps, puisque le livre se termine en octobre 1928, alors qu'Orlando à 36 ans. Mais entre temps ... Orlando est devenue femme!
Ce roman n'est pas vraiment racontable! Il me semble plus aisé d'en parler par coup de coeur. J'y ai aimé la poésie, partout présente, cet amour de la nature, cette connivence avec la terre, le ciel, les couleur du vent, le bleu des plumes de corbeaux, les levers et couchers de soleil sur Constantinople. J'y ai aimé son côté délirant, par moment, cette verve d'imaginaire infinie, ces inventions incroyables, comme l'époque du Grand Gel, qui glaça Londres et la Tamise, comme l'arrivée soudaine de la grande humidité à l'entrée du 19ème siècle, par un nuage qui couvrit toute l'Angleterre et la plongea dans la période Victorienne. J'y ai aimé l'humour, la drôlerie, le côté farce parfois, qui cotoie l'émotion, la plume malicieuse, ou narquoise. J'y ai aimé le passage des saisons, cette relation de la pensée, de l'intimité avec les rythmes de l'univers.
Ayant lu ce livre juste après son journal intime d'adolescente et de jeune femme, j'ai été assez frappé par les résonnances de certaines pages avec certaines passages du journal. Les souvenirs reviennent dans l'écriture.
Oh! oui! j'aurais aimé avoir écrit ce livre ... (*****)

Virginia Woolf: Journal d'adolescence : 1897-1909
Je viens de terminer ma lecture du journal de jeunesse de Virginia, de 1997 à 1909.
Je referme le journal avec une envie profonde de lire son oeuvre, et j'ai commencé dès ce matin avec Orlando.
On y suit toute la construction des étapes d'une grande écrivain, les premiers essais de descriptions de paysage, de ses contemporains, de ce Londres victorien, de la haute bourgeoisie qu'elle fréquentait un peu malgré elle, qu'elle regarde avec un humour vif, ses vacances à travers l'angleterre, la Cornouilles, le Pays de Galles et d'autres, et ses voyages en Europe : Espagne et Portugal, Grèce, Turquie.
Des passages poignants, parfois, qui laissent transparaître sa personnalité à fleur de peau.
Ses premiers pas de critique littéraire, comment elle souffle sur la lecture de la Coupe d'Or d'Henry James, qu'elle a mis une semaine à lire (un livre admirable, par ailleurs, qui m'avait accupé un bon mois de juillet d'adolescence), sa fierté d'en faire son gagne pain.
Sa relation très forte avec sa soeur Vanessa, qui deviendra plus tard la peintre talentueuse Vanessa Bell.
Je recommande cette lecture, qui se déguste petit à petit, un grand air frais et vivant, qui nous montre à voir ce début de 20ème siècle frémissant, à travers les sens d'une jeune femme de lettres anglaise, assez fière d'être femme et d'être anglaise, du reste.
(*****)
Anna Gavalda: La Consolante
J'ai lu tout Anna, même celui que vous ne trouverez jamais sur Amazon.fr. J'ai aimé la consolante, jusqu'aux premières confidences de Kate. Ensuite, j'aurais rêvé que l'histoire s'arrête là, d'une manière ou d'une autre. Car il n'y a pas que des histoires d'amour dans la vie. Il y a d'autres histoires, ou du moins je l'espère. La lecture de la consolante m'a tiré pas mal de larmes, et j'ai cru tutoyé les étoiles, mais je suis retombé, un peu déçu, par cette amourette un peu mièvre...Kate et Charles méritaient quelque chose de plus fort... (***)
Julien Green: Si j'étais vous
Pénétrer l'âme de quelqu'un d'autre parce que l'on s'ennuie. Vivre la vie d'un homme plus riche, plus fort, plus cultivé, plus beau...que de promesse, et pourtant, que de déception...un peu comme le livre de Julien Green, des passages passionnants, d'autres qui laissent sur sa faim. D'ailleurs, que devient la jeune Elise? une idée d'histoire à écrire, l'histoire d'Elise, après cette terrible nouvelle, quand le "faux Camille" lui jette à la tête qu'il ne l'aime pas. (***)
Louis Aragon: Aurélien
Louis Aragon et moi, une longue histoire...Je demeurais longtemps errant dans Césarée, c'est sur ce vers de Jean Racine que débute Aurélien...un roman très parisien, le Paris d'entre deux guerres, peuplés d'hommes d'entre deux guerres, jeunes gens en 14, quadras désenchantés en 39...des peintres, des poètes fous, des arnaqueurs de la finance à grande échelle, un Monnet aveugle, des américains partout, un meurtre, et une histoire d'amour, éperdu, lancinante, comme une migraine violente, infinie...à lire absolument! (*****)
comme je viens de regarder la cérémonie d'investiture de Barack H. Obama (où le H. correspond à Hussein), je vois comme un "négatif" ... où le nom sonne africain, et le B. serait Bernadette ... pardon, j'ai bu un peu de champagne avec les copains pour "accueillir" Mister Obama
tu m'en veux pas, hein...
bé sinon ... on attend ... avec impatience !
;)
Rédigé par : mariev | mardi 20 jan 2009 à 18:51
hi! hi! non, ça me fait rire!
mais ce n'est pas ça, le B. !
Rédigé par : Une page par jour | mardi 20 jan 2009 à 20:37
J'ai relu la nouvelle d'un bout à l'autre, et effectivement je l'ai préférée à la seconde lecture, une fois que ça faisait un tout cohérent! C'est assez marrant de voir comme notre oeil change suivant si on lit par épisodes ou d'une traite...
Enfin du coup je voulais te dire ce que j'en pense dans son ensemble, vu que jusqu'à maintenant j'ai surtout commenté petit bout par petit bout.
Comme d'habitude, j'ai adoré! Tu as vraiment un très beau style, très poétique, et en plus pour parler d'un sujet assez difficile. Tu vas en profondeur, tu ne t'arrêtes pas à la surface, tu creuses, creuses, pour voir ce qu'il y a plus loin, et ça, ça me plaît!
Tu m'as dit un jour que tu te demandais comment je faisais pour parler de personnages aussi variés avec autant de justesse, comme si j'avais vécu leur vie. Je te retourne la question: comment toi, un homme, arrive à parler aussi bien de ce qu'est une femme? (enceinte, qui plus est) à tel point que la première fois que je t'ai lu j'ai cru que tu étais une femme? Je trouve ça merveilleux d'arriver à ce point à te mettre dans la peau d'une femme, à laisser parler ton côté féminin. J'essaye de faire l'exercice inverse pour me mettre dans la peau d'un homme, mais j'ai souvent le sentiment frustrant de rester à la surface, aux apparences, et de ne pas réussir à retranscrire ce que pense, ce qu'est, un homme.
Enfin bref, comme toujours: chapeau bas, mister!
Rédigé par : Coq | jeudi 22 jan 2009 à 14:16
wahou! quel beau commentaire! je suis vraiment touché, difficile de rajouter quelque chose. Je reste muet ... et je vais mettre tout ceci dans ma page de Quatrième de couverture!
Rédigé par : Une page par jour | jeudi 22 jan 2009 à 18:03