Cette Kira lui plaisait bien, cependant. Davantage que Katerina. Avec un soin presque maniaque, il ôta la photo du salon de son cadre et la plaça contre l’écran de l’ordinateur, à côté du visage souriant de l’ukrainienne. Le teint de la jeune femme, sa blondeur aérienne, presque diaphane, s’accordait à merveille avec les bois précieux qu’il avait choisis pour son mobilier. Il l’imaginait, assise et sage, sur son grand canapé d’angle, la main posée sur l’accoudoir d’acajou des îles, ses jambes croisées, découvertes jusqu’aux genoux, ornant avec aisance les blancs lumineux du sofa. Puis, se levant avec douceur, elle effectuait quelques pas, posant tour à tour ses deux escarpins de soie grège sur le parquet de bois de rose, jusqu’au bar-buffet, qu’elle ouvrait d’un mouvement de grâce, pour en sortir deux verres de cristal. Elle allait jusqu’à la table et, posant les verres sur la nappe de damasquin crème, sa main, qui lissait le tissu rare, ressemblait au bijou délicat, à la touche finale et si précieuse qu’il lui manquait pour achever la décoration de son appartement.
B., abîmé dans sa rêverie, ne prit pas garde aux légers coups que l’on donnait à la porte de son bureau. Une ombre haute se dessinait dans l’embrasure. Un guerrier massaï, songea-t-il un instant, habillé d’un tablier un peu délavé, qui poussait devant lui un chariot de ménage. Il sursauta, étonné d’abord, puis se rappela très vite qu’il avait téléphoné le matin même à l’agence de nettoyage : il souhaitait que la femme de ménage habituelle fut remplacée par un autre agent. Sans explication. Pourquoi, d’ailleurs, en aurait-il fourni ? Il les payait bien assez cher pour qu’ils satisfassent ce petit caprice. Mais quand même, quelle idée de lui envoyer ce grand gaillard ! Il aviserait plus tard, à son retour d’Ukraine.
Car il partait dès le lendemain, à la première heure. Rendez-vous à l’aéroport de Kiev, avec un certain Sergueï Iakoulenko, qui lui avait garanti, après quelques échanges d’email dans un anglais très approximatif, de s’occuper de toutes les formalités nécessaires. En une semaine, tout serait réglé, assurait-il.


ouais ... il faut qu'il lui arrive quelque chose d'assez spectaculaire, de renversant, à ce monsieur qui veut mettre la dernière touche décorative à son environnement ... l'amour avec un grand guerrier massaï, par exemple ... ;)
tu nous titilles bien, avec cette nouvelle histoire, Frédéric, j'ai une infinité de suites possibles en tête, là !
belle journée à toi
;)
Rédigé par : mariev | mercredi 28 jan 2009 à 08:05
il s'agit d'un bon départ, alors, si toutes ces suites possibles se dégagent ... cela m'intéresse aussi, vos idées possibles, même si je sais d'avance le cours de l'histoire, et les points de passage sur lesquels elle va tous nous emmener.
Rédigé par : Une page par jour | mercredi 28 jan 2009 à 08:35
Oui, comme dit Mariev, on a envie de connaître la suite, parce que là on se fait tous nos petits "films"! Un peu plus et on voudrait écrire l'histoire à ta place ;-) mais non, ça ne serait pas la bonne histoire, puisque ça ne serait pas la tienne :-)
Rédigé par : Coq | mercredi 28 jan 2009 à 10:59
hum! je commence un peu à avoir la pression, maintenant, parce que si la suite n'est pas à la hauteur des attentes ...
bon, il faut que je reste au top !
Rédigé par : Une page par jour | mercredi 28 jan 2009 à 11:04
il a un côté froid et cynique. du coup je suis entre fascination et mépris pour ce personnage. c'est très intriguant........
Rédigé par : estelle | mercredi 28 jan 2009 à 12:57
celà m'interesse, cette ambivalence envers le personnage
je pense que ce sentiment mélangé vient du fait de la manière de le décrire, assez proche de lui, à la surface de ses pensées, on est pratiquement de son point de vue à lui ... oui, très interessant
Rédigé par : Une page par jour | mercredi 28 jan 2009 à 18:43