Le silence résonnait dans la pièce. Même la mouche avait stoppé sa course sur le vase. Les orchidées rangeaient leurs bouches provocantes. Les trompettes, muettes, attendaient le signal des hérauts d’armes. Les étendards s’étaient figés dans l’air du soir.
Mais ...
Des corbeaux, arrivés par centaines, fouillaient le sol meuble de leur bec acharné. Il était parti. Je restais seul sur le champ de la bataille, au milieu des morts et des cris des blessés. Dans cette errance, aveugle, je me cognais aux troncs des arbres abattus, je traversais des chemins de cendres, je tombais dans des flaques de boue.
Pascal, pouvez-vous retirer vos chaussures ? me dit-il soudain.
Je tressaillais. Alors, lentement, je me baissais pour délier mes lacets. Je tirais un peu fort sur le double nœud pour libérer la fine lanière. Mais les boucles restaient rebelles. Je n’osai pas lever mes yeux, de crainte de devoir défier son regard. Ma nuque me tirait. Des sueurs criaient sur ma peau.
Debout, en chaussettes sur la moquette du bureau, j’écartais les bras, sans comprendre. Je faisais quelque pas. J’allais jusqu’aux fenêtres. Il restait muré dans son silence.
Pascal, pouvez-vous retirer vos chaussettes ?
Je m’exécutai. Que pouvais-je faire ?
C’est bien ce que je pensais ! J’avais pensé à vous Pascal, mais vous avez six orteils à chaque pied !
Malgré les restes de soleil qui planaient sur le ciel, je ne voyais qu’une nuit épaisse, qui m’entourait sans fin. Je quittais le bureau, mes chaussures en main, nu pied, à tout jamais. Je ne reviendrai plus.


Ouh là je t'avoue que j'arrive plus trop à suivre, là...
Rédigé par : Coq | dimanche 18 jan 2009 à 11:23
ça devient très très bizarre ...
là, le truc en publiant un bout par jour, c'est qu'il se passe minimum 24 heures entre chaque lecture ; j'aurais le bouquin dans les mains, je serais perplexe, et continuerais à lire, un tout petit peu plus vite, pour comprendre ce qu'il se passe et où tu nous emmènes, et même que probablement, je serais en train de marmonner : "Mais où est-ce qu'il veut en venir ?"
en plus, on commente chaque fragment, donc parfois / souvent ... finalement, on commente un peu hors contexte
tout ça pour dire que c'est très intéressant tout ça ;)
beau dimanche à toi !
Rédigé par : mariev | dimanche 18 jan 2009 à 11:43