Sur le chemin du retour, les hommes qui avaient porté Klo à l’aller, les frères de Hack, me portent à mon tour, tellement je me sens faible, incapable de me remettre debout. Je m’abandonne, dans leurs mains larges et puissantes, qui se font douces, à cet instant, et rassurantes.
Les pleurs ont cessés. La vieille avance en silence, à côté de moi. Son corps décharné, sec comme les bois de la fin de l’été, qu’elle tient courbé et tordu, a donné toutes les larmes qu’il contenait encore. Si je venais à mourir, là, maintenant, que se passerait-il ? Pourrait-elle sangloter ? Ou laisserait-elle ses yeux, taris à jamais, errer sur mon corps abandonné, sans voix, sans âme ?
La vie reprend son cours, cependant. Les femmes babillent, derrière moi, certains hommes rient, se chamaillent, à grand coups de poings dans les épaules, se roulent dans la terre. Les préparatifs pour la guerre de demain. Ils s’entraînent, en vue du massacre, de l’extermination programmée des mangeurs de poissons.
Les yeux penchés sur l’azur, noyés dans la sarabande des hirondelles, dont les vols inlassables n’ont pas cessé depuis ce matin, je me demande si les bandes d’oiseaux mènent aussi des expéditions punitives contre d’autres bandes. Il y a les prédateurs, bien sûr, mais entre eux ? Tous ces mystères me donnent mal au crâne, je voudrais fondre, m’abîmer dans un sommeil sans fin, sans retour, comme Klo. Mes pensées m’en empêchent, toujours présentes, violentes. Sans réponse.
Arrivés à la clairière, les frères de Hack me déposent devant la grotte. Je me sens un peu mieux, et, appuyée sur une cousine, je parviens à me traîner jusqu’au fond de la caverne, au pied de mon mur, là où brille la main magique de Klo.
Rio gémit en me voyant. La faim, sans doute ! Je m’enroule autour de lui, encore fiévreux, et lui laisse mes seins, à sa guise. Bercée par la succion mécanique de ses lèvres goulues, je m’endors, enfin.
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Merci de m'avoir lu, excuse-moi de t'avoir...inquiété! Je trouve très normal d'échanger des appréciations sur un texte, sur la qualité de l'histoire, sur l'emploi de mots inappropriés, ou tournures de phrases inexpressives. Il serait plutôt inquiétant de ne pas supporter la critique, de par susceptibilité mal placée se fâcher parce qu'un autre "scribouillard" aide à s'améliorer. L'art est un exercice d'humilité où il faut douter pour progresser. Et quand on doute, rien de tel qu'un conseil avisé pour savoir ce sur quoi il faut porter l'effort. Bonne nuit !
Rédigé par : tuliquoi | mardi 17 mar 2009 à 00:24
Virginia Woolf partage pour nous ses pensées, très enrichissantes, sur le propos de la critique littéraire, dans le recueil de texte "L'écrivain et la vie", même si je regrette qu'à la fin du texte, Leonard Woolf, qui avait publier ce recueil après la disparition de son épouse, veuille relativiser, voire nier ses propos, comme s'il fallait taire leurs caractères novateurs, effacer par quelques pages idiotes et conservatrices, bien pensantes, les idées de Virginia. Comme si elle n'avait pas existé!
Rédigé par : Une page par jour | mardi 17 mar 2009 à 09:32
Je n'ai pas lu ce recueil. Je me précipite donc dès demai sur le site de ma bibliothèque pour... le réserver! Bonne...journée ! (il me semble que notre disponibilité informatique soit inversée!!!) :)
Rédigé par : tuliquoi | mercredi 18 mar 2009 à 00:07
Bonne lecture!
Rédigé par : Une page par jour | jeudi 19 mar 2009 à 11:11