Pour lire le début de "Pierres et Natasha"
Epilogue
Le petit jour filtrait à travers les persiennes de bois, un petit jour gris et sale, signe de mauvaise journée, de temps pluvieux, de ciels poussiéreux, de pigeons ternes.
Natasha s’éveillait doucement, la tête voilée d’une migraine légère, symptôme de l’âge, peut-être, des vieilles fatigues, des lassitudes passées. Le drap et la couverture tiraient du côté de Pierre, dans son dos, et une fissure d’air, vers ses genoux, lui donnait une sensation de fraîcheur désagréable. Mais il dormait encore, lui semblait-il, et il lui répugnait de risquer de le réveiller en retirant l’ensemble vers elle. Il grognerait, se lèverait de mauvais poil, et traînerait des pieds, tout le reste du dimanche. Il valait mieux se rendormir, jusqu’à la sarabande des cloches de l’église, annonçant la messe et dix heures.
Pourtant, quelque chose d’autre la dérangeait.
La clarté ?
Elle rouvrait les yeux. De sa position, elle apercevait une partie du plafond de la chambre. Des ellipses jaunes, de place en place, trouaient l’ombre. Comme un matin de soleil.
D’ailleurs, elle entendait les merles chanter dans le cerisier. Le ciel serait-il limpide, clair, aérien ? Percé de soleil et d’espoirs lumineux ?
Elle refermait ses paupières, bercée par les litanies joyeuses des oiseaux du jardin. Elle pensait aux cerises, aussi, qu’il serait temps de cueillir. Profiter du dimanche pour en remplir le vieux panier d’osier. Sortir les casseroles de cuivre. La mousse frémissante et chaude, au dessus des fruits odorants. Les pots retournés sur le torchon blanc.
Pourtant, il y avait bien quelque chose qui la dérangeait.
Les ellipses ensoleillées rampaient lentement sur le plafond, et descendaient sur les premières ramures du papier peint fleuri. Elle s’amusait à les compter. Une pénombre inhabituelle, peut-être ? Un clair-obscur, un mélange curieux de soleil pâle et de grisé pluvieux. Comme des larmes dans un rire. Imperceptible.
Un mur.


Je viens de réaliser que le titre est "Pierres et Natasha", pierres au pluriel... Est-ce une faute de frappe? ou un lapsus? ou fait exprès? parce que à droite pour voter c'est Pierre au singulier, donc le prénom...
Rédigé par : Coq | jeudi 02 avr 2009 à 17:28
Bien vu ! Il y avait une erreur dans le module de vote!
Rédigé par : Une page par jour | jeudi 02 avr 2009 à 18:12
oh, ça épilogue un peu vite, je trouve, je reste sur ma faim ... et un peu perplexe, je ne suis pas sûre de "comprendre", de suivre ...
je reviendrai tout relire, alors ...
;)
Rédigé par : mariev | jeudi 02 avr 2009 à 18:18
Est-ce le "vrai" épilogue ? Petit coquin ! C'est un poisson d'Avril ! Anti-conformiste, va ! Faire ça à tes lecteurs le 2 ! :)
Si tout cela n'était qu'un rêve, ce serait ta traduction de l'insatisfaction inéluctablement générée par une vie de couple. Mais leurs aspirations de tes personnages étaient tellement différentes que dans le monde réel, ils se seraient ignorés, voir méprisés. On ne bâtit sa vie qu'avec ceux avec lesquels on a des liens...
Rédigé par : tuliquoi | jeudi 02 avr 2009 à 20:13
@mariev : dans les histoires, on procède de manière elliptique, en éliminant des pans entiers de vie qui ne semblent pas forcément interessant pour l'avancée de l'intrigue, et laisse le choix au lecteur une part d'imagination. ici, mon parti pris est de rendre toute l'histoire elliptique, en dehors du prologue et de l'épilogue, de manière à amener le lecteur à construire sa propre histoire. Déconcertant, certe.
Rédigé par : Une page par jour | vendredi 03 avr 2009 à 12:08
@tuliquoi : est-on si sûr que dans le monde réel, seuls ceux qui se ressemblent s'assemblent? dans ce cas, pourquoi autant d'échec? la complexité humaine est tellement infinie qu'il y a toujours une place pour de telles différences. Bien sûr, le trait est forci ici, mes personnages glissent vers l'extrême, la réalité doit se situer quelque part entre deux eaux.
Rédigé par : Une page par jour | vendredi 03 avr 2009 à 12:11
Réponses impertinentes à tes deux questions:
1) la sélection reptilienne
2) l'expression et la communication des ressentis intérieurs n'est au programme de l'éducation ni des familles ni Nationale... :)
Bonne pause !
Rédigé par : tuliquoi | dimanche 05 avr 2009 à 17:28